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L'otage français enlevé au Tchad se trouve au Soudan

L'otage français enlevé jeudi dans l'est du Tchad se trouve au Soudan voisin, a déclaré vendredi à l'AFP le ministre tchadien de la Sécurité Ahmat Mahamat Bachir.M. Bachir avait indiqué la veille que le Français, travaillant pour une compagnie minière, avait été "enlevé dans une localité située à 50 km de Goz Beida", à 200 km au sud d'Abéché.Des forces mixtes tchadiennes et soudanaises recherchent l'otage français, selon le ministre qui n'a donné aucun autre détail sur le dossier."Nous faisons tout ce qui est notre possible en liaison avec les autorités tchadiennes pour obtenir sa libération", avait déclaré vendredi à Paris le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, interrogé par l'AFP."Cela montre que la situation dans les pays du Sahel reste instable. Nous menons à l'égard de cet otage les mêmes actions que nous avons menées antérieurement pour d'autres otages. On suit cela de très près", a également indiqué le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian sur la chaîne d'information continue CNews.Le dernier enlèvement d'un Français au Tchad remonte au 9 novembre 2009. Laurent Meurice, un agronome français travaillant pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), avait été kidnappé dans l'est du pays, une prise d'otage revendiquée par un groupe soudanais du Darfour, les "Aigles de libération de l'Afrique". Il avait été libéré le 6 février 2010, après 89 jours de détention.Le Darfour, en proie à la guerre civile depuis 2003, est une province du Soudan frontalière du Tchad.Le Tchad est un des principaux alliés de la France dans la lutte contre le terrorisme. Il héberge à N'Djamena le QG de la force antiterroriste française Barkhane, qui mène avec 4.000 hommes des opérations dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso).

Egypte: l'ex-président Moubarak rentre chez lui

L'ancien président égyptien Hosni Moubarak salue depuis la fenêtre de sa chambre de l'hôpital militaire du Caire, le 6 octobre 2016
L'ex-président égyptien Hosni Moubarak a retrouvé la liberté vendredi, mais plusieurs figures du Printemps arabe dorment encore derrière les barreaux: dans l'Egypte de Sissi la révolution de 2011 vient d'être liquidée symboliquement.C'est son avocat Farid al-Deeb qui a annoncé vendredi le départ de M. Moubarak de l'hôpital militaire du Caire, dans lequel il a passé l'essentiel de ses six années de détention. L'ancien président a ensuite rejoint sa demeure dans le quartier chic d'Héliopolis.La libération de M. Moubarak qui avait régné sans partage sur le pays pendant 30 ans, vient briser définitivement les aspirations nées d'une révolution qui avait porté l'espoir d'un régime plus démocratique.Outre M. Moubarak, son ex-ministre de l'Intérieur, Habib al-Adly, qui symbolise la torture et les abus du régime, a aussi été acquitté pour les meurtres de manifestants pendant la révolte.En revanche, Alaa Abdel Fattah et Ahmed Douma, deux des plus importants meneurs de la révolution, sont toujours en prison. Depuis que l'actuel président Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l'armée, a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013, il dirige à son tour le pays d'une main de fer, éliminant toute forme d'opposition.Six ans après la révolution, les détracteurs de M. Sissi l'accusent d'avoir refermé la parenthèse démocratique ouverte avec le soulèvement de janvier-février 2011.- Traitement spécial -Pour sa part, M. Moubarak a été jugé dans deux grandes affaires depuis son départ du pouvoir. Il a notamment été accusé d'avoir incité au meurtre de manifestants pendant la révolte, au cours de laquelle quelque 850 personnes ont été tuées.Condamné à la prison à vie en 2012, il a été blanchi en 2014. Le 2 mars, la cour de Cassation a confirmé cet acquittement.Pour Adel Ramadan, avocat pour l'organisation de défense des droits de l'Homme Egyptian Initiative for Personal Rights, M. Moubarak a bénéficié d'un traitement spécial lors de son procès."Il y a une différence entre la façon humaine dont M. Moubarak et les symboles de son régime ont été traités et celle dont ont été traités les militants de janvier 2011", a-t-il dit à l'AFP.Si des militants ont été libérés, certains sont astreints à un contrôle judiciaire strict.Ahmed Maher, fondateur et porte-parole du Mouvement du 6 Avril, un groupe très actif en 2011, a été libéré en janvier. Pendant trois ans, il devra se rendre chaque soir au commissariat de son quartier et y passer la nuit.Toutefois, jeudi, la justice a ordonné la réouverture d'une enquête pour corruption contre M. Moubarak, liée à des cadeaux pour lui et sa famille de la part du quotidien gouvernemental Al-Ahram, d'une valeur d'un million de dollars.La semaine dernière, les autorités ont gracié 203 détenus dans des procédures liées à l'interdiction de manifester. Mais aucun militant réputé n'est sorti de prison.Interrogés après l'annonce le 13 mars par la justice de la prochaine libération de M. Moubarak, d'anciens manifestants du Printemps arabe ont jugé que la révolution avait été "inutile"."(Ma) frustration est partagée par beaucoup d'autres personnes à cause de ce qui est arrivé à ce pays et de tout ce à quoi on a participé pour rien", dit Ahmed Mohamed, 29 ans. Le régime Sissi a "démotivé les gens, avec l'armée qui agit contre le peuple (...)".Pour Oussama Mahmoud, 28 ans, "l'idée qui est devenue très claire pour nous est que l'armée est le problème."- Crise économique -Après la destitution de M. Morsi par l'armée, l'opposition islamiste a aussi été laminée. En août 2013, l'assaut est donné au Caire contre des milliers de pro-Morsi. Environ 700 d'entre eux sont tués.Aujourd'hui, l'Egypte du président Sissi est confrontée aux mêmes inégalités qui ont mené à la révolution de 2011. Le pays connait de nouveau un régime autoritaire et traverse une grave crise économique. En novembre, le gouvernement a laissé flotter sa devise pour obtenir un prêt de 12 milliards de dollars du Fonds monétaire international, faisant exploser l'inflation."Les conditions qui ont mené à la révolution de janvier sont toujours présentes, bien que j'exclurais qu'une autre révolution puisse avoir lieu", explique Mostafa Kamel el-Sayed, professeur de sciences politiques à l'université du Caire."Aujourd'hui beaucoup considèrent que le régime de Moubarak était meilleur que l'actuel s'agissant notamment de la liberté de penser (...)Il y avait un espace plus large pour les voix d'opposition que ce soit dans la presse ou à la TV", ajoute-t-il. Des organisations de défense des droits de l'Homme accusent les autorités d'orchestrer disparitions forcées, arrestations arbitraires et autres détentions illégales.

CPI: premières réparations pour les victimes du Congolais Katanga

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont attribué vendredi pour la première fois des réparations monétaires à des victimes de crimes de guerre, en allouant 250 dollars "symboliques" à chacune des 297 victimes d'un massacre dans un village congolais en 2003."Ce montant symbolique ne vise pas à indemniser les préjudices dans leur intégralité mais permet de soulager les préjudices subis par les victimes d'une manière significative", a déclaré le juge Marc Perrin de Brichambaut.Les juges ont également estimé que le Congolais Germain Katanga, condamné en 2014 à 12 années de détention pour complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, est personnellement responsable du paiement d'un million de dollars pour réparer le préjudice physique, matériel et psychologique causé estimé à plus de 3,75 millions de dollars.M. Katanga avait facilité et coordonné l'approvisionnement en armes des membres de sa milice qui avaient attaqué le 24 février 2003 le village de Bogoro, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), tuant 200 personnes environ, par balle ou à la machette.Etant donné l'indigence de cet ancien chef de milice de 38 ans reconnue par la Cour, "le Fonds au profit des victimes a été invité à utiliser ses ressources pour ces réparations et à présenter un plan de mise en oeuvre le 27 juin 2017 au plus tard", a indiqué le juge.Sur décision de son conseil de direction, l'organisme indépendant pourrait donc puiser dans ses propres réserves, qui s'élèvent à cinq millions de dollars, et contribuer grâce aux donations d’États parties au Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour.Le montant débloqué par le Fonds pourrait ainsi atteindre le million de dollars pour lequel M. Katanga est tenu responsable, réparations individuelles comprises, a précisé Sonia Robla, cheffe de la Section de l'information et de la documentation de la CPI.La chambre a également ordonné "des réparations collectives ciblées sous la forme d'une aide au logement, d'un soutien à une activité génératrice de revenus, d'une aide à l'éducation et d'un soutien psychologique".Actuellement en procès à Kinshasa pour "crime de guerre, crime contre l'humanité et participation à un mouvement insurrectionnel" dans la région aurifère de l'Ituri (nord-est de la RDC), M. Katanga a suivi l'audience depuis la prison de Makala par liaison vidéo, a précisé le juge.Il pourra décider s'il souhaite contribuer aux réparations "par le biais d'une lettre d'excuse ou par des excuses publiques ou par l'organisation d'une cérémonie de réconciliation quand M. Katanga aura purgé sa peine", a-t-il ajouté.- 8.000 dollars -De leur côté, les avocats des victimes avaient estimé les dommages causés à au minimum 16,4 millions de dollars (15,17 millions d'euros), même si les victimes ne réclamaient pas ce montant "en tant que tel au titre de réparation".Ils avaient énuméré et calculé dans un document envoyé aux juges les dommages enregistrés: 228 maisons détruites, une nouvelle école, la perte de centaines de vaches. Ils demandaient également aux juges de placer une valeur monétaire sur la perte d'un proche.La CPI a notamment établi le prix d'une maison détruite à 600 dollars, de mobilier à 500 dollars, la valeur moyenne d'un cheptel à 524 dollars et des récoltes pillées à 150 dollars.Quant au préjudice psychologique engendré par la perte d'un être cher, les juges l'ont évalué à 8.000 dollars pour un parent proche et 4.000 dollars pour un parent éloigné. A cela, s'ajoute le montant de 2.000 euros lié au traumatisme subi par chaque personne présente au moment de ces faits "de nature à susciter des traumatismes de tous ordres"."La totalisation de chacune de ces valeurs permet de fixer la valeur monétaire du préjudice à 3.752.620 dollars", a souligné M. Perrin de Brichambaut, soit un montant quatre fois inférieur à celui déterminé par les victimes.Sur la réserve du Fonds, un million a déjà été mis de côté pour l'affaire Lubanga, un autre Congolais condamné en 2012 à 14 ans d'emprisonnement pour l'enrôlement d'enfants-soldats.Dans cette affaire, de premières compensations symboliques avaient été attribuées dans le but de créer un mémorial. Une décision finale se fait toujours attendre sur des réparations monétaires.

"A United Kingdom": un film sur le combat oublié du roi du Botswana

La réalisatrice britannique Amma Asante met en scène la lutte politique oubliée du jeune roi du Botswana Seretse Khama et de son épouse blanche dans le film "A United Kingdom", en salles mercredi, avec David Oyelowo et Rosamund Pike. David Oyelowo ("Selma", "Le Majordome") incarne Seretse Khama, jeune roi du Bechuanaland (actuel Botswana) au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, qui tombe éperdument amoureux de Ruth Williams, dactylo londonienne campée par Rosamund Pike ("Gone Girl", "Orgueil et Préjugés"). Alors que son pays est sous protectorat de l'Empire britannique, il décide d'épouser la jeune Anglaise.Au delà de la romance et du simple scandale lié au mariage mixte, c'est une histoire réelle de lutte politique que nous livre la réalisatrice d'origine ghanéenne ("Belle", "A Way of Life"): le couple Khama a bien existé et leur union a mené à l'indépendance du pays. L'histoire est inconnue du grand public occidental. Mais pas seulement : sur place pour le tournage, la réalisatrice a rencontré "beaucoup de Botswanais qui ne connaissaient pas son histoire non plus, bien que le président actuel soit le fils de Seretse". Si on peine quelque peu à accrocher à l'histoire d'amour - trop rapidement mise en place dans les premières minutes et à la description assez commune -, le film développe une grande finesse dans l'analyse politique. Il montre ingénieusement le rôle de l'Afrique du Sud, géant économique en pleine Apartheid qui ne supporte pas de se voir défier par un de ses voisins directs. Loin d'une vision manichéenne, Amma Asante désirait "montrer la véritable complexité de la situation politique dans laquelle se trouvait le gouvernement britannique" : "Des politiciens britanniques dont les actes ont pu paraître foncièrement racistes" agissaient pour "servir l'intérêt national".Après la polémique des "Oscar So White", le film fait la part belle à la diversité. La réalisatrice anglaise, fille d'immigrés ghanéens, trouvait important de "raconter des histoires africaines du point de vue des personnages africains", même si elle concède que le film relate "une histoire anglaise autant qu'africaine".Quant à David Oyelowo, acteur britannique d'origine nigériane, "fier d'être Africain et passionné par l'idée de dénicher des histoires africaines à porter à l'écran", il est très convaincant dans l'un des deux rôles principaux. Après six années difficiles pour lancer la production, le tournage s'est effectué au Botswana, "là où les événements s'étaient déroulés", en périphérie des villes de Serowe et de Palapye. Le film est adapté du livre "Colour Bar" de Susan Williams, directrice de l'Institut de Recherche sur le Commonwealth à Londres.

Angola: 11 morts après des pluies torrentielles

Au moins onze personnes ont été tuées par des pluies torrentielles et des inondations qui ont aussi fait des milliers de sans-abri cette semaine dans le nord-ouest de l'Angola, ont annoncé les services de secours.Onze personnes - dont un enfant de deux ans et une personne de 70 ans - ont été tuées dans la province côtière de Luanda (nord-ouest) de mardi soir à mercredi matin, a expliqué à l'AFP le porte-parole provincial de la protection civile et des services d'incendie, Faustino Minguês.Au total, 500.000 personnes ont été affectées, plus de 5.000 habitations et plusieurs écoles et centres de santé notamment inondés, et plus de 340 familles sont désormais sans-abri, selon des sources officielles.Les victimes ont été emportées par ces inondations soudaines, électrocutées ou tuées dans l'effondrement de leurs maisons, a-t-il précisé.Plusieurs personnes sont en outre toujours portées disparues, selon l'agence de presse nationale Angop.La capitale Luanda a également été paralysée par ces inondations, qui ont provoqué des coupures de courant et d'eau potable et gravement perturbé la circulation. Selon M. Minguês, de nombreuses rues de la périphérie de la capitale ont été inondées.Les services de secours travaillaient jeudi au creusement de tranchées pour l'évacuation rapide de l'eau, le nettoyage des gouttières, des égouts et des fossés, selon le responsable.Ces pluies torrentielles ont eu lieu après cinq ans de sécheresse dans une grande partie du pays, et ont saturé d'eau de nombreux terrains."Avec ces pluies intenses, nous craignons que de nombreuses maisons soient inondées parce que les sols ne peuvent pas absorber plus d'eau", a de son côté déclaré un responsable régional, Goncalves Namweya, à l'agence de presse Lusa.Des terres agricoles ont également été inondées et plusieurs routes sont impraticables dans la province, notamment dans les zones rurales, forçant les habitants à se déplacer en canoës fournis par les services d'urgence, a expliqué M. Namweya.

Gabon: Shell se retire du pétrole et du gaz onshore

Le géant pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell a annoncé vendredi la vente de ses activités dans le pétrole et le gaz onshore (terrestre) au Gabon à une société de l'américain Carlyle pour 587 millions de dollars.Shell a précisé dans un communiqué que, ce faisant, il cédait la totalité de ses actifs terrestres dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, à savoir cinq champs et des participations dans quatre autres champs que la major n'exploite pas directement.Les activités transférées comprennent aussi un oléoduc entre Rabi et Gamba et le terminal pétrolier de Gamba sud.Ces champs ont permis en 2016 la production de 41.000 barils équivalent-pétrole par jour. L'acheteur est Assala Energy Holdings, qui appartient à la société d'investissement Carlyle. Outre le prix d'acquisition, il va prendre en charge une dette de 285 millions de dollars liée à ces activités. Il pourrait aussi devoir verser jusqu'à 150 millions de dollars supplémentaires à Shell en fonction de l'évolution des prix et de la production de ces activités.Environ 430 employés de Shell sur place passeront sous l'égide d'Assala Energy lorsque la transaction aura été bouclée, vers le milieu de l'année d'après Shell.Pour cette major pétrolière, cette vente va entraîner l'inscription d'une perte exceptionnelle de 53 millions de dollars sur son résultat après impôt dans les comptes du premier trimestre 2017."Shell est fier de ce qu'il a fait au Gabon lors des 55 dernières années. La décision de vendre n'a pas été prise à la légère, mais entre dans la stratégie de Shell de se concentrer sur la production en amont là où il est le plus compétitif", a expliqué Andy Brown, le directeur de Shell pour "l'amont" - qui comprend l'exploration et la production de pétrole brut et de gaz naturel.La compagnie pétrolière conserve toutefois deux permis d'exploration pour des blocs offshore (en mer) au large du Gabon.Le départ de Shell de l'onshore gabonais intervient après la réduction de voilure annoncée dans ce pays par le français Total à la fin février, avec la cession d'activités pour quelque 350 millions de dollars à la société franco-britannique Perenco.Du côté de Shell, cette cession s'inscrit dans un vaste plan de cessions d'actifs, visant un total de 30 milliards de dollars de ventes dont 15 milliards engagés en 2016. Le groupe, qui se remet doucement sur pied grâce à une relative meilleure tenue des cours du brut depuis la fin de l'année dernière, a annoncé début mars la cession de 8,5 milliards de dollars d'actifs dans le sable bitumineux au Canada.La major entend mettre l'accent sur l'exploitation en eaux profondes et dans le gaz, en s'appuyant pour ce dernier sur les actifs récemment absorbés avec l'acquisition du britannique BG Group.

Attentat de Grand-Bassam: un des cerveaux, chef de l'attaque à Ouagadougou

Mimi Ould Baba Ould Cheikh, un jihadiste arrêté en janvier au Mali et présenté par les Ivoiriens comme "l'un des cerveaux" de l'attentat en Côte d'Ivoire de Grand-Bassam (19 morts, mars 2016) était aussi le "chef des opérations" de l'attaque de Ouagadougou (30 morts janvier 2016), a affirmé un haut responsable de la gendarmerie burkinabè.Arrêté en janvier 2017 au Mali par des soldats français de la force française Barkhane, Mimi Ould Baba Ould Cheikh a été présenté comme "le chef des opérations des attaques" ou le "commanditaire" de Ouagadougou, par les autorités burkinabè lors d’un point de presse vendredi."Mimi Ould Baba Ould Cheikh et Ibrahim Ould Mohamed, anciens pensionnaires du site de réfugiés de Mentao, à Djibo, entendus par des enquêteurs burkinabè, ont révélé leurs implications dans les attaques du 15 janvier 2016 à Ouagadougou", a déclaré le chef d'état-major général adjoint de la gendarmerie, le colonel Serge Alain Ouédraogo Ibrahim Ould Mohamed a, lui, été interpellé en mai 2016, toujours au Mali. Il a aussi participé à la logistique de l'attaque de Grand-Bassam, selon le colonel.Après ces arrestations, "une mission du ministre burkinabè chargé de la Sécurité a été envoyée à Bamako et a pu recueillir les aveux de leur implication dans les attaques" de Ouagadougou, a indiqué le colonel Ouédraogo.Selon ces aveux rapportés par le colonel, Mimi Ould Baba Ould Cheikh a été contacté au nord-Mali par Mohamed Ould Nouiny, alias Al Hassan, un adjoint de Mokhtar Belmocktar (Al-Mourabitoune) et a adhéré au "projet" contre une promesse de 10 millions de francs CFA (15.000 euros)."Il s’est rendu quelques semaines avant l'attaque à Ouagadougou en compagnie d’un individu de race blanche prénommé Abderrahmane avec des cartes d’identité nigériennes pour une mission de repérage", a-t-il précisé.Selon lui, durant leur séjour, ils ont visité, photographié et filmé le café-restaurant Cappucino (épicentre de l'attaque), la devanture du Splendid Hôtel (en face) mais aussi le restaurant Le Verdoyant (non touché par l'attaque et situé à plusieurs centaines de mètres de là).Mimi Ould Baba Ould Cheikh a ensuite "été chargé de conduire la mission sur Ouagadougou (...). L’armement et le matériel de l’attaque ont été soigneusement dissimulés dans un pneu de camion semi-remorque que Mimi a fait convoyer au Burkina par les soins de son lieutenant, Ibrahim Ould Mohamed, contre 1,5 million de francs CFA", selon le récit du colonel Ouédraogo.Mimi Ould Baba Ould Cheikh est entré sur le territoire burkinabè le 9 janvier 2016 avec les trois jeunes assaillants qui ont mené l'attaque, à bord d’une berline noire immatriculée au Togo. Ils ont rallié Ouagadougou, en passant par Djibo.Le 15 janvier à 19h00, Mimi Ould Baba Ould Cheich a déposé les trois jeunes assaillants derrière l’immeuble abritant le café Cappucino et foncé à nouveau vers Djibo où l’attendait Ibrahim Ould Mohame. Les deux hommes ont traversé la frontière burkinabè vers le Mali avec le véhicule de Mimi Ould Baba.Trois autres complices ont été interpellés au Burkina à la suite de ces aveux, selon le colonel Ouédraogo: Sawadogo Maliki qui a aidé à louer une villa pour héberger le commando, Tiemtoré Nayabtenga, intermédiaire en location immobilière et Maiga Alhousséni Bocar dont le domicile a servi à héberger Ibrahim Ould Mohamed à son arrivée à Ouagadougou avec le pneu dissimulant les armes.

Une campagne massive de vaccination contre la polio en Afrique

Une campagne de vaccination synchronisée contre la poliomyélite dans 13 pays d'Afrique de l'Ouest et centrale débutera samedi, a annoncé l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une réponse massive aux trois cas recensés en 2016 dans le nord du Nigeria. "Plus de 190.000 vaccinateurs dans 13 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale vont vacciner plus de 116 millions d’enfants la semaine prochaine pour faire disparaître le dernier bastion de la poliomyélite sur ce continent", a annoncé vendredi l'OMS dans un communiqué."Tous les enfants de moins de 5 ans dans les 13 pays – Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sierra Leone et Tchad – seront simultanément vaccinés dans le cadre d’un effort coordonné", est-il inscrit. Ce programme, "l'un des plus grands jamais réalisés en Afrique", est financé par un large groupe de donateurs internationaux (UNICEF, Rotary International, la fondation Bill and Melinda Gates,...) mais aussi par les gouvernements locaux, ainsi que par le Japon."Il y a 20 ans, Nelson Mandela a lancé la campagne panafricaine +Bouter la polio hors d’Afrique+", a rappelé le Dr Matshidiso Moeti, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique: "À cette époque, la poliomyélite était endémique dans chaque pays du continent et, chaque année, cette terrible maladie paralysait plus de 75.000 enfants pour tout le reste de leur vie."En 2017, l'OMS a recensé 4 cas (2 au Pakistan et 2 en Afghanistan), 37 en 2016. Trois d'entre eux ont été déclarés dans le nord-est du Nigeria, pour la première fois sur le continent africain depuis plus de deux ans.La région, dévastée par le conflit qui oppose le groupe jihadiste Boko Haram à l'armée nigériane, est encore difficilement accessible aux humanitaires. Certaines zones leur sont totalement hors d'accès. Toutefois, Rod Curtis, coordinateur UNICEF pour le Nigeria, espère que d'ici la fin de 2017, "tous les enfants de cette région pourront être immunisés"."L'inaccessibilité des zones n'est pas fixe, elle dépend des variations des combats. Dès qu'un territoire est accessible, on envoie des équipes de vaccination en urgence", explique M. Curtis. Cette campagne s'ajoute à une autre qui sera lancée fin avril "tous les pays de la région du lac Tchad". "Il est important de multiplier les vaccinations, et surtout de les coordonner pour être sur que le virus n'est nulle part où se cacher", poursuit le représentant de l'UNICEF. La campagne sanitaire pour éradiquer la polio a débuté au Nigeria en 1998.La découverte de trois nouveaux cas en aout dernier fut un revers sérieux pour ce pays qui espérait avoir éradiqué le virus. En septembre 2015, l'OMS avait retiré le Nigeria de la liste des pays où cette maladie est encore endémique. En plus du Nigeria, l'Afghanistan et le Pakistan figurent sur cette liste.

Procès de Simone Gbagbo en Côte d'Ivoire: ses avocats n'assisteront pas à la phase finale

Les avocats commis d'office de l'ex-première dame de Côte d'Ivoire, Simone Gbagbo, jugée à Abidjan pour crimes contre l'humanité, n'assisteront pas à la phase finale du procès prévue à partir de lundi, ont-ils annoncé, réclamant une nouvelle fois une reprise totale du procès."Lundi, on ne sera pas à la barre", a résumé vendredi Me Amany Koumé, un des trois avocats commis d'office, lors d'un point de presse avec ses deux confrères.Les trois avocats ont longuement exposé leurs griefs, dénonçant notamment l'absence de documents dans le dossier d'accusation et le remplacement d'un assesseur par un autre en cours de procédure.Pour Me Patrick Georges Vieira, "la justice a le devoir de retrouver les 10.000 pièces manquantes" au dossier d'accusation. Il s'agit d'une "situation ubuesque, qui est une atteinte aux droits de la défense. Le caractère équitable (du procès) est indiscutablement remis en cause", a-t-il martelé. "La Cour s'est présentée dans une composition inédite le 10 janvier 2017 (un magistrat a été muté et remplacé par un autre, ndlr) (...) 7 mois après le début du procès", a ajouté Me Amany Koumé, pour qui la "seule alternative" est une reprise du procès depuis le début."Il s'agit d'élémentaires exigences légales (...) La Cour a décidé de passer outre. Nous sommes devant une grave et intolérable dérive totalitaire (...) et une négation des droits de la défense", a jugé de son côté Me Claude Mentenon.Entrecoupé de nombreuses suspensions depuis son ouverture le 31 mai 2016, le procès est quasiment à l'arrêt depuis le retrait fin novembre des avocats de Mme Gbagbo, allant de report en report après des discussions de procédure.Lundi, les parties civiles devraient plaider, avant que le procureur ne prononce son réquisitoire. Mme Gbagbo, qui risque une peine de prison à vie et dont la dernière apparition au tribunal remonte à fin novembre 2016, ne devrait pas être présente.Elle est jugée pour son implication présumée dans des tirs d'obus sur le marché d'Abobo, un quartier d'Abidjan favorable à Alassane Ouattara - rival de son mari Laurent Gbagbo à la présidentielle de novembre 2010 - et pour sa participation à une cellule qui organisait des attaques menées par des milices et des militaires proches du régime.Ces crimes ont été commis lors de la crise qui a fait plus de 3.000 morts en cinq mois dans le pays, après le refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire électorale de M. Ouattara.Simone Gbagbo purge déjà une peine de 20 ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", prononcée en 2015.

Amical: la Côte d'Ivoire plonge un peu plus la Russie dans le doute

La Côte d'Ivoire est allée décrocher une belle victoire (2-0) sur la Russie à Krasnodar (sud-ouest) vendredi en match amical, grâce à ses attaquants Jonathan Kodjia et Wilfried Zaha.C'est la 3e défaite de la Russie depuis la prise de fonction du sélectionneur Stanislav Cherchesov en août suite au fiasco de l'Euro-2016, après celles contre le Costa Rica et le Qatar, deux sélections pourtant modestes.Kodjia, qui évolue à Aston Villa (2e div. anglaise), a mis ses coéquipiers sur le chemin de la victoire en ouvrant le score dans un angle fermé après un rush dans la surface russe, juste avant la demie-heure de jeu.La sélection russe a ensuite tenté de mettre la pression sur la cage ivoirienne pour égaliser, devant 34.000 supporters de plus en plus furieux.Mais Zaha a creusé l'écart à 20 minutes de la fin, après avoir dribblé quatre joueurs russes pour propulser la balle juste sous la barre.Cherchesov, dont la mission est de rendre la sélection nationale compétitive en vue du Mondial-2018 organisé à domicile, voit sa tâche se compliquer de jour en jour alors qu'il s'est fixé l'objectif d'atteindre les demi-finales du tournoi mondial.La Côte d'Ivoire, en revanche, rebondit bien après une CAN ratée (élimination au premier tour) et engrange un peu de confiance avant d'être repris en main par le Belge Marc Wilmots.

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