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Après les inondations, la capitale de la Sierra Leone menacée par les maladies

Quatre jours après les inondations qui ont fait plus de 400 morts à Freetown, les habitants de la capitale de la Sierra Leone, et en particulier les enfants, sont confrontés à un nouveau danger mortel: l'apparition de maladies telles que le choléra et la malaria."La principale priorité pour les enfants est d'empêcher la diffusion de maladies: le choléra, bien sûr, qui est endémique en Sierra Leone, mais aussi d'autres maladies provoquant des diarrhées", a estimé vendredi l'Unicef, citant des maladies qu'entraînent habituellement les inondations.Depuis plusieurs jours, le Fonds des Nations unies pour l'enfance est à pied d'oeuvre dans les quartiers les plus touchés, distribuant de l'eau potable ou construisant des latrines.L'ONG Save the Children, également active sur le terrain, a elle aussi tiré la sonnette d'alarme. Une "crise en matière de santé" pourrait toucher de nombreux enfants, a-t-elle averti."Deux cas supposés de choléra ont déjà été signalés par les équipes de secours. Des cadavres se trouvent toujours dans des maisons inondées, contaminant l'eau, et l’apparition de cas de diarrhées, de malaria ou d'autres maladies mortelles constitue un risque sérieux", a ajouté l'ONG.- Plus de 120 orphelins -Save the Children estime que 122 enfants ont perdu la vie et que 123 sont devenus orphelins en raison de ces inondations, alors que la saison des pluies est loin d'être finie.A Genève, le secrétaire général de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, Elhadj As Sy, a annoncé lors d'une conférence de presse un nouveau bilan de "plus de 400 morts", contre 312 officiellement recensés jusqu'ici.Environ 3.000 personnes dorment toujours à l'extérieur car "il n'y a pas suffisamment de place dans les centres d'accueil", a-t-il ajouté.La Sierra Leone, petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest et l'un des plus pauvres au monde, est "dépassée" par l'ampleur de la catastrophe, a-t-il jugé.Le bilan "pourrait encore s'élever", a prévenu le porte-parole du Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (BCAH) de l'ONU, Jens Laerke, dans la mesure où quelque 600 personnes sont toujours portées disparues, avec très peu de chances de les retrouver vivantes cinq jours après la catastrophe.Jeudi, plus de 300 victimes dont les corps n'ont pas pu être identifiés ont été enterrées à Waterloo, une localité proche de Freetown, en présence du président sierra-léonais Ernest Bai Koroma et de la présidente du Liberia voisin, Ellen Johnson Sirleaf.En prévision d'un nombre encore plus important des victimes, les autorités avaient creusé 400 tombes dans la terre rouge du cimetière, non loin de celles où reposent déjà des victimes de l'épidémie du virus Ebola, qui a fait 4.000 morts en Sierra Leone en 2014 et 2015.Les habitants de Freetown --capitale de quelque 1,2 million de personnes d'un des pays les plus pauvres au monde-- ont été surpris dans leur sommeil dans la nuit de dimanche à lundi quand, après trois jours de pluies torrentielles, des torrents de boue ont envahi les rues et que des pans de collines se sont effondrés sur les habitationsDans les quartiers les plus touchés, comme le village Regent, de nombreux habitants estiment que les secours ont été trop lents."On nous demande d'aller nous enregistrer, mais jusqu'à présent, nous n'avons rien reçu. Pas de médicament pour mon enfant, pas de nourriture", se plaint Fatoumata Dumbuya.Des journalistes de l'AFP ont visité une école de Regent ou 350 réfugiés s'entassent dans le plus grand dépouillement."Rien ne sera de trop. Nous avons besoin de couvertures, de vêtements, de chaussures", explique Rosermary Blake, membre d'une ONG locale.- Promesses de dons -Le Royaume Uni a annoncé une aide de 5 millions de livres (5,5 millions d'euros) pour financer diverses agences de l'ONU et ONG et fournir de la nourriture, de l'eau ou des abris temporaires.Après la Chine, qui a envoyé une équipe de médecins militaires, le Japon a promis d'envoyer des tentes, des bâches en plastique.La Croix-Rouge a lancé un appel aux dons: Pékin a déjà promis un million de dollars (850.000 euros), le Togo 500.000 dollars (425.000 euros), la Commission européenne 300.000 euros. Israël et des pays d'Afrique de l'Ouest ont fourni des fonds et des biens de première nécessité.Selon la Croix-Rouge, des éboulements de moindre ampleur ont eu lieu depuis lundi dans l'est de la capitale et à Bo, la deuxième ville du pays.Jusqu'à présent, l'évacuation des sans-abri s'est faite sur une base volontaire, ce qui selon Elhadj As Sy, constitue "la meilleure méthode".

Rwanda: Paul Kagame investi en présence de 19 de ses pairs

Le président rwandais Paul Kagame a été investi vendredi pour un troisième mandat de sept ans, en présence de 19 chefs d’État africains au stade national de Kigali, après avoir remporté les élections du 4 août avec près de 99% des voix.M. Kagame, homme fort du Rwanda depuis la fin du génocide de 1994, s'en est pris aux critiques qui dénoncent l'absence de liberté d'expression dans son petit pays d'Afrique des Grands lacs."Chaque pays africain doit faire face aux efforts destinés à nous faire vivre en des termes fixés par d'autres", a déclaré le chef de l'Etat, âgé de 59 ans. "Ils demandent que nous remplacions des systèmes qui fonctionnent bien pour nous par des dogmes dans lesquels leurs propres peuples perdent rapidement foi."Parmi les chefs d’État présents à cette cérémonie d'investiture, se trouvait le président soudanais Omar el-Béchir, visé par deux mandats d'arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale (CPI) en 2009 et 2010 pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis dans la province soudanaise du Darfour.Le Rwanda n'est cependant pas signataire du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, et n'est à ce titre pas contraint de mettre en application les mandats d'arrêts.Les présidents burundais Pierre Nkurunziza et congolais Joseph Kabila, qui entretiennent des relations tendues avec M. Kagame, étaient eux absents.Le chef de l’État rwandais a cependant semblé vouloir leur tendre la main. "Aujourd'hui, le Rwanda ne définit personne comme son ennemi, qu'il soit intérieur ou étranger", a-t-il affirmé. "Chaque Rwandais a un pays et nous cherchons partenariat et coopération avec chaque autre pays".M. Kagame avait recueilli 98,79% des voix, loin devant l'indépendant Philippe Mpayimana (0,73%), et Frank Habineza (0,48%), leader du Parti démocratique vert, le seul parti d'opposition autorisé au Rwanda.Au lendemain des élections, le département d’État américain s'était dit "troublé par les irrégularités observées au cours du scrutin".Dans un communiqué publié vendredi, Human Rights Watch a pour sa part dénoncé une situation dans le pays où tous "les Rwandais qui ont osé élever la voix ou défier le statu quo ont été arrêtés, ont disparu de force ou ont été tués".Paul Kagame est l'homme fort du Rwanda depuis que le FPR a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché un génocide qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.M. Kagame est crédité du spectaculaire développement, principalement économique, d'un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi accusé de bafouer la liberté d'expression et de réprimer toute opposition.

Kenya: l'opposition en justice pour obtenir l'annulation de la présidentielle

Le leader de l'opposition Raila Odinga, le 16 août 20147 à Nairobi
Présidentielle kényane: de pères en fils
La coalition du leader de l'opposition au Kenya, Raila Odinga, a saisi vendredi la Cour suprême pour contester les résultats de l'élection présidentielle du 8 août, qu'elle estime entachée de nombreuses fraudes.Le 11 août, le président sortant Uhuru Kenyatta avait été déclaré vainqueur avec 54,27% des voix contre son adversaire Raila Odinga, (44,74%), une annonce qui avait déclenché des manifestations implacablement réprimées par la police dans plusieurs bastions de l'opposition - bidonvilles de Nairobi et ouest du pays. Au moins 17 personnes sont mortes et 177 blessées. Pour l'opposition, le scrutin présidentiel a été "si mal conduit et entaché de tellement d'irrégularités flagrantes qu'il importe peu de savoir qui a gagné ou qui a été déclaré vainqueur", selon un communiqué publié vendredi soir.Devant les caméras des principales chaînes de télévision du pays, une équipe d'avocats de l'opposition, ensuite rejointe par M. Odinga et son colistier, a déposé une requête de quelque 9.000 pages au greffe de la Cour suprême, moins de deux heures avant l'expiration du délai légal.La Cour suprême du Kenya, composée de sept juges, dispose de 14 jours pour rendre son arrêt, qui est définitif. Le premier examen au fond du dossier n'interviendra pas avant six jours au minimum. Le parti au pouvoir, Jubilee, ainsi que la commission électorale (IEBC) ont la possibilité d'ici là de déposer des contre-arguments.Soit la cour valide l'élection et M. Kenyatta, 55 ans, sera investi une semaine plus tard pour un second mandat de cinq ans à la tête de l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est.Soit elle annule le scrutin, et la commission électorale disposera de 60 jours pour organiser une nouvelle élection présidentielle.Dans un communiqué diffusé vendredi soir, la coalition de M. Odinga (Nasa) a passé en revue les principales irrégularités qu'elle a, selon elle, détectées, notamment un piratage du système électronique de l'IEBC, des bureaux de vote non officiellement enregistrés et des écarts de participation entre la présidentielle et les autres scrutins conduits le même jour (législatives, sénatoriales, etc.)- 'Que justice soit faite' -"Tout le processus de compilation, de transmission, de vérification et de confirmation des résultats a été fondamentalement défectueux au point qu'on ne peut en aucun cas parler de résultats reflétant la réalité", a déclaré la Nasa dans son communiqué."Cette requête vise à demander à la Cour et par extension au peuple kényan d'annuler l'exercice dans son ensemble (...) afin d'ouvrir la voie à de nouvelles élections légitimes", a-t-elle conclu.A l'extérieur de la Cour suprême, dans le centre-ville de Nairobi, quelque 200 partisans de l'opposition ont patienté une bonne partie de la journée pour apercevoir leur champion."Nous voulons que la Cour suprême annonce que Raila Odinga est le vainqueur de l'élection", a déclaré Victor Yugi à l'AFP. "C'est pour la Cour suprême la dernière chance de nous rendre justice. C'est la troisième fois qu'on nous vole l'élection, nous voulons tout simplement que justice soit faite", a déclaré le jeune homme de 35 ans, brandissant une pancarte proclamant: "La justice sera notre bouclier et défenseur".Déjà trois fois candidat malheureux à la présidentielle (1997, 2007 et 2013), M. Odinga, 72 ans, avait saisi la Cour suprême lors du scrutin de 2013, en vain. Ce précédent avait d'abord incité sa coalition à rejeter un nouveau recours en justice avant de finalement s'y résoudre mercredi.Soulignant que la Constitution de 2010, dont il fut l'un des principaux artisans, protégeait le droit de manifester, de faire grève et de recourir à la désobéissance civile, M. Odinga a également appelé à diverses formes de manifestations pacifiques dans les jours et semaines à venir.Dès le lendemain de l'élection, Nasa a multiplié les accusations de fraude, pointant du doigt le système électronique de transmission et de comptage des voix, qu'elle avait pourtant tant fait pour promouvoir.En 2013, ce système électronique avait largement failli et la commission électorale avait dû revenir au comptage manuel, ce qui aux yeux de l'opposition avait facilité les fraudes.

Mali: le "coupeur de mains" de Gao condamné à 10 ans de prison

La justice malienne a condamné vendredi à 10 ans de prison Aliou Mahamar Touré, surnommé le "coupeur de mains" de Gao, ville du nord malien contrôlée par les jihadistes entre 2012 et 2013 dont il était le chef de la "police islamique"."La Cour déclare l'accusé coupable de tous les faits qui lui sont reprochées, mais avec des circonstances atténuantes, et le condamne à une peine de 10 ans de réclusion criminelle", a déclaré le président de la Cour d'assises à l'issue d'un procès qui s'était ouvert vendredi matin devant la Cour d'assises de la capitale malienne."Je m'attendais quand même à une peine plus lourde. Les crimes de guerre sont établis (...) Mais c'est un procès pour l'Histoire. La Cour a reconnu coupable l'accusé", a réagi un avocat des parties civiles, également président de l'Association malienne de défense des droits de l'homme (AMDH), Me Moctar Mariko."Je regrette la peine infligée à mon client. On n'a pas apporté des preuves irréfutables. En outre, de gros calibres impliqués dans des crimes au nord du Mali pendant l'occupation (des jihadistes) sont à l'air libre, alors que notre client n'était qu'un second couteau", a pour sa part déploré un avocat de la défense, Me Tiessolo Konare.Arrêté en décembre 2013 par les forces armées maliennes, Aliou Mahamar Touré, "l’ancien commissaire islamique" de Gao, plus grande ville du nord du Mali, était notamment accusé d'avoir coupé une main à des voleurs présumés et fouetté en public des femmes qui ne portaient pas le voile islamique."Ce n'est pas moi. Ce sont des jihadistes mauritaniens, algériens et sahraoui qui coupaient les mains", avait affirmé Aliou Mahamar Touré.Il répondait aux accusations des parties civiles qui ont défilé à la barre une bonne partie de la journée. Son procès est une première dans ce pays du Sahel où des groupes armés continuent à mener des attaques meurtrières.Au moins huit de ses victimes présumées étaient présentes à l'audience, face à un jury composé de quatre civils, du président de la cour et de deux magistrats assesseurs. "J'ai été arrêté parce qu'on m'a accusé de vol. Aliou et ses compagnons m'ont donné de la drogue avant de couper ma main droite", a déclaré l'une d'elles.

L'Afrique du Sud tente de bloquer une vente aux enchères de cornes de rhinocéros

Les autorités sud-africaines tentent à tout prix de bloquer une vente aux enchères très controversée de cornes de rhinocéros, les organisations de protection des animaux craignant que cette initiative ne vienne alimenter le commerce international illégal de cornes de ces pachydermes.Les enchères, prévues de lundi à jeudi en ligne, sont organisées par le plus important éleveur de rhinocéros au monde, le Sud-Africain John Hume.Elles sont possibles grâce à un changement récent dans la législation sud-africaine. En avril, après une longue bataille judiciaire, John Hume a obtenu la levée du moratoire sur le commerce intérieur de la corne de rhinocéros, en vigueur depuis 2009. Le commerce international reste lui toujours interdit.Le richissime homme d'affaires va mettre sur le marché quelque 500 kilos de cornes sur les 6 tonnes qu'il conserve précieusement dans des banques et auprès de compagnies de sécurité privées.Une première en Afrique du Sud, qui abrite 80% de la population mondiale de rhinocéros, une espèce menacée par un braconnage à grande échelle.Composée de kératine, comme les ongles, leur corne est très recherchée en Asie, où les médecins traditionnels lui prêtent des vertus thérapeutiques. Sur le marché noir, elle s'arrache jusqu'à 60.000 dollars le kilo.Les autorités sud-africaines se démènent pour bloquer les enchères. Elles seules peuvent délivrer le permis de vente et elles ont décidé de s'y opposer, a annoncé le gouvernement, sans plus de précision.Furieux, John Hume a saisi vendredi la Haute Cour de Pretoria, qui a commencé à étudier le dossier ultra polémique. Il veut que la justice contraigne le gouvernement à "physiquement remettre le permis de vente qu'elle a déjà approuvé", a expliqué à l'AFP Izak du Toit, avocat de l'éleveur de rhinocéros.Fait rarissime, le juge doit se prononcer dimanche, quelques heures seulement avant le début théorique de la vente.- Site piraté -Aujourd'hui, explique John Hume sur le site de la vente aux enchères, il ne peut plus subvenir au coût de son ranch de 8.000 hectares situé dans la province du Nord-Ouest. Chaque mois, il dépense 145.000 euros pour protéger ses quelque 1.500 bêtes contre les braconniers. Sa ferme ressemble à un fort retranché: barrières électriques, hommes en treillis, hélicoptère équipé d'une caméra infrarouge.Les cornes que John Hume propose à la vente ont été découpées, à la scie sauteuse, sur ses rhinocéros anesthésiés, une procédure indolore selon les vétérinaires.Dans les réserves et fermes, les pachydermes sont effectivement régulièrement décornés, notamment pour dissuader les braconniers. Leur corne repousse comme les ongles."Actuellement, les rhinocéros sont tués pour répondre à la demande (...), alors que leurs propriétaires peuvent approvisionner le marché avec de la corne" d'animaux qui n'ont pas été braconnés, affirme John Hume.Cette vente aux enchères représente "une solution pour sauver les rhinocéros", assure-t-il. Chaque année, un millier d'entre eux sont tués en Afrique du Sud pour approvisionner un marché juteux. - Mandarin et vietnamien -Alors défenseur des animaux ou homme d'affaires, John Hume ?Le débat fait rage entre partisans et adversaires du commerce de la corne. Pour preuve, le site internet de la vente a été brièvement piraté par un groupe de hackers dénonçant "le manque de compassion pour les animaux".Le commerce international de la corne étant toujours illégal, les cornes achetées aux enchères ne pourront pas théoriquement quitter le territoire sud-africain. Mais les défenseurs des animaux n'y croient pas une seule seconde. Cette vente "va approvisionner le marché noir", assure à l'AFP Joseph Okori, président pour l'Afrique australe du Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw).Le site des enchères est en anglais, mandarin et vietnamien, preuve que John Hume "ne vise pas le marché sud-africain" et que les cornes finiront sur le marché asiatique, prévient-il.La vente "ne va pas réduire le braconnage, elle va au contraire l'exacerber", affirme Dex Kotze, homme d'affaires militant de la cause animale. Il n'y aura pas de prix minimum lundi, si la vente a bien lieu. "On ne peut pas se baser sur une autre vente" pour fixer les prix puisqu'il s'agit d'une première, a expliqué Johan Van Eyk de la maison d'enchères sud-africaine Van's Auctioneers.John Hume a déjà prévu une autre vente aux enchères, cette fois-ci physique, en septembre, dans un lieu qui sera très sécurisé.

Burundi: un mort et 29 blessés par grenades dans deux bars de la capitale

Au moins une personne a été tuée et 29 blessées jeudi soir au Burundi par l'explosion de grenades dans deux bars à vin d'un quartier populaire du centre de la capitale Bujumbura, a-t-on appris vendredi de source policière.Les deux grenades ont explosé quasi simultanément dans les deux bars, très fréquentés en début de soirée et situés dans des rues différentes. "A 20H00 (18H00 GMT), jet de deux grenades dans deux bars de vin de banane" dans le quartier de Buyenzi, a annoncé sur Twitter le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurikiye.La première explosion dans un bar de la 21e avenue a fait un mort et 12 blessés, tandis que la deuxième, dans un bar de la 29e avenue, a fait 17 blessés, selon M. Nkurikiye.Le Burundi est régulièrement le théâtre d'attaques à la grenade depuis de nombreuses années. Mais celles-ci se sont multipliées avec la grave crise politique émaillée de violences que vit ce pays depuis la candidature en avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année. Pouvoir et opposition se rejettent la responsabilité de ces crimes qui ne sont jamais revendiqués.Les violences ayant accompagné cette crise politique ont déjà fait de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture, et ont poussé à l'exil plus de 400.000 Burundais.

L'opposition sud-africaine demande l'arrestation de Grace Mugabe

Le mannequin sud-africain Gabriella Engels, le 17 août 2017 à Centurion en Afrique du Sud
La première dame du Zimbabwe Grace Mugabe "doit être arrêtée" en Afrique du Sud où elle est soupçonnée d'avoir agressé une jeune femme, a réclamé vendredi le principal parti d'opposition sud-africain."Il est essentiel que l'Afrique du Sud s'assure que Grace Mugabe ne fuit pas le pays afin d'échapper à la justice", a déclaré l'Alliance démocratique (DA) dans un communiqué.Elle doit rendre "tous ses passeports" pour éviter un tel scénario, et "doit être arrêtée pour répondre aux charges de coups et blessures" qui pèsent contre elle, a ajouté la formation."Personne n'est au-dessus des lois et la DA fera tout son possible pour s'assurer que Mme Mugabe ne soit pas autorisée à fuir l'Afrique du Sud avant qu'elle ne réponde" aux accusations contre elle, a encore dit la DA, estimant que la première dame du Zimbabwe "ne remplissait pas les conditions pour obtenir l'immunité diplomatique".Grace Mugabe est accusée d'avoir agressé dimanche une mannequin de 20 ans qui se trouvait dans le même hôtel qu'elle, dans un quartier huppé de Johannesburg. La jeune femme a déposé plainte pour coups et blessures.La police sud-africaine a dit jeudi être "en alerte rouge" pour s'assurer que l'épouse du président zimbabwéen Robert Mugabe ne quitte le pays.La première dame, pressentie comme possible successeur de son mari, n'a pas été vue en public depuis l'incident.Le couple Mugabe doit participer au sommet de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), ce week-end à Pretoria.Robert Mugabe est arrivé dès mercredi soir en Afrique du Sud, le jour où son épouse était censée se présenter dans un commissariat de Johannesburg. Elle a finalement renoncé à le faire. Elle a depuis demandé l'immunité diplomatique, selon la police sud-africaine.

En Centrafrique, les corps sans sépulture de Gambo

Entrée de l'hôpital de Gambo dans le sud-est de la Centrafrique.
Un employé de l'hôpital de Gambo, Leon Bambeteba, le 16 août 2017.
Des corps, des charniers, une odeur atroce...: l'abbé Junior va effectuer un périple au bout de l'horreur en retrouvant sa paroisse à Gambo, dans le sud-est de la Centrafrique, théâtre d'un de ces massacres en zones isolées qui ravagent le pays.Au petit matin, le prêtre et un photographe de l'AFP quittent Bangassou en moto pour Gambo, 75 km plus à l'ouest dans cette préfecture de la Mbomou où les civils subissent un regain de violences des milices ex-Séléka, qui affirment défendre des musulmans, et les anti-Balaka, majoritairement chrétiens.Objectif du déplacement: prendre la mesure du massacre que des ex-Séléka auraient commis le 5 août avant de perdre le contrôle de Gambo au profit des anti-Balaka.Sur la "RN 2", grande piste en latérite rouge qui traverse une forêt verdoyante, le prêtre, 39 ans, conduit d'une seule main, saluant de l'autre ses ouailles qui le reconnaissent.Au-delà de Bangassou, aucune trace des Casques bleus de la Mission des Nations unies (Minusca). La route et l'entrée de Gambo sont le fief d'anti-Balaka (anti-"machette"), qui tiennent des postes de contrôle improvisés.Souriantes, trois jeunes femmes, dont l'une porte un bébé et l'autre un parapluie multicolore, viennent à la rencontre du curé à son arrivée à Gambo. "Abbé Junior! Abbé Junior!": coupés du monde sans réseau téléphonique, les habitants sont ravis d'avoir de la visite et des nouvelles de l'extérieur.L'abbé centrafricain va d'abord à l'église, sa paroisse qu'il n'a pas vue depuis deux mois. Sur le sol, quelques douilles. Pas de corps dans le presbytère, contrairement à une rumeur entendue à Bangassou.Direction le centre de santé, où les ex-Séléka ont tué le 5 août au moins 32 personnes, dont six bénévoles de la Croix-Rouge, avait déclaré à l'AFP un survivant, Jonas Ngobo.- 'Celui-là avec la flèche dans le dos...' -La visite des lieux confirme son récit. Une odeur pestilentielle se dégage à l’approche du bâtiment en briques de terre rouge et blanche. Par terre, sur le parvis, sous la véranda, du sang séché, des dossiers renversés, des vêtements et des chaussures, du matériel médical et des objets fracassés.Avant d'entrer, l'abbé, deux anti-Balaka et le journaliste passent un masque imbibé d'huiles essentielles pour supporter l'odeur. Pharmacie, laboratoire, salle de gynécologie: toutes les pièces sont saccagées, les lits à barreaux blancs défoncés. Le journaliste compte trois corps. Un anti-Balaka en reconnaît deux, un sur un lit, l'autre disloqué au sol: "Celui-là, avec la flèche dans le dos, c'est le chef du village d'Akondo au PK15".Le chef anti-Balaka Jean Agoua filme la scène avec un vieux téléphone. Il veut interpeller le président Faustin-Archange Touadéra, à Bangui, à environ 450 km à l'ouest, dans un pays où l'Etat est aux abonnés absents en dehors de la capitale.A l'arrière du dispensaire, une grande cour et une fosse commune. Des corps -au moins sept - dépassent d'un trou d'environ cinq mètres de large, recouvert à la va-vite. Dans un autre trou: des ossements, de la chair, des vêtements.A la sortie du dispensaire, les anti-Balakas veulent absolument montrer au journaliste une hutte à proximité. A l'intérieur, un autre cadavre, la boîte crânienne séparée du corps.Un survivant, Léon Bambeteba, laborantin de 61 ans, volontaire de la Croix-Rouge, était de garde ce samedi 5 août."Vers 13h00, des véhicules de la Mission des Nations unies (Minusca) arrivent à Gambo. Des Marocains". Ce même contingent qui a perdu trois hommes en juillet à Bangassou dans des assauts attribués par la Minusca à des anti-Balakas.A une délégation d'habitants, les Marocains racontent qu'ils attendent un convoi en provenance de Bangui, raconte M. Bambeteba.L'assaut des Sélékas contre le centre de Santé commence peu après. A 200 mètres du dispensaire, les Casques bleus marocains n'ont pas bougé, selon les survivants."Aujourd'hui, nous demandons au gouvernement de nous aider. Nous n'acceptons pas de Minusca ici, leur présence nous fait peur", avance le maire, Eugène Frédéric Foulou, 71 ans.Son secrétaire-comptable, Pierrot Bida, 57 ans, retrace l'histoire de la ville, condensé du conflit qui déchire la Centrafrique depuis 2013. En 2016, une faction de l'ex-Séléka, des Peuls de l'UPC, ont repris Gambo à une autre faction, le FPRC. Le 3 août, les anti-Balaka lancent une offensive. Le 5, contre-offensive et massacre à l'hôpital. Le 9, donc, les anti-Balakas reprennent la ville.Retour à Bangassou. L'évêque espagnol de la ville, Juan José Aguirre, bombarde l'abbé Junior et le journaliste de questions.Ils lui racontent: une ville déserte. Des miliciens anti-Balaka armés qui patrouillent. Une population sans aide humanitaire.Et des corps en attente de sépulture.

Nigeria: les lycéennes de Chibok libérées prêtes à aller à l'université

Les 106 lycéennes de Chibok libérées au cours des derniers mois des mains du groupe jihadiste nigérian Boko Haram feront leur rentrée des classes à l'université en septembre, a annoncé vendredi la ministre nigériane pour le droit des Femmes. "L'ensemble des 106 filles reprendront l'école à l'Université américaine (de Yola, dans le nord-est) à partir de septembre", a déclaré Mme Aisha Alhassan dans un communiqué. Vingt-quatre d'entre elles avaient déjà recommencé les cours, attendant d'être rejoint par leurs anciennes camarades. Lors d'une conférence de presse à Abuja, la ministre a fourni quelques rares détails sur la situation des jeunes filles, qui avaient passé environ trois ans au sein du groupe en captivité. L'une d'entre elles a subi de nombreuses opérations à la jambe, et a dû recevoir une prothèse. En outre, quatre enfants sont nés pendant leur détention, a précisé Mme Alhassan. Elles ont également reçu un soutien psychologique très important, assure-t-elle, si bien que les "problèmes de flashbacks, d'insomnies et cauchemars sont désormais sous contrôle."Au total, 276 filles avaient été enlevées en avril 2014 dans leur lycée à Chibok (état du Borno), suscitant une vague d'indignation internationale.En mai, 82 ont été libérées aux termes de négociations avec les insurgés islamistes, 21 d'entre elles avaient déjà été échangées contre des prisonniers en octobre 2016, 3 ont été retrouvées par l'armée et 57 s'étaient échappées au moment de leur enlèvement. Boko Haram, qui signifie "l'éducation occidentale est un pêché", a mené des campagnes sanglantes contre les professeurs et les étudiants dans le nord-est du Nigeria, où ils veulent installer leur Califat. Boko Haram, qui utilise les enlèvements de masse comme forme de recrutement, a enlevé des dizaines de milliers de personnes, que l'armée nigériane libère au fur et à mesure de la reprise de territoires auparavant occupés par les islamistes.Depuis 2009, le conflit a fait au moins 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés au Nigeria.

Ping demande aux Gabonais "de se lever comme un seul homme" contre Bongo

L'opposant Jean Ping, qui se revendique "président élu" du Gabon, a demandé vendredi aux Gabonais "de se lever comme un seul homme pour marquer solennellement (son) arrivée au pouvoir", franchissant un cap dans sa non-reconnaissance de la réélection du président Ali Bongo Ondimba il y a un an."A partir de ce jour, je ne vous retiens plus", a déclaré Jean Ping dans un "message à la Nation" envoyé à l'AFP par sa cellule de communication."Dans cet esprit, je vous enjoins d'organiser, dès aujourd'hui et sans limite, jusqu'au départ des putschistes, toute manifestation civique conforme aux droits à la libre expression, à la liberté de manifester, et aux droits fondamentaux prescrits par la Constitution", a poursuivi M. Ping dans ce message lu selon son entourage sur deux chaînes de télévision privées qui lui sont favorables, TV+ et RTN.Ancien ministre de l'ex-président Omar Bongo, Jean Ping, 74 ans, a toujours revendiqué la victoire à l'élection présidentielle du 27 août 2016 face au fils de l'ancien chef d'Etat.La Cour constitutionnelle avait validé la réélection d'Ali Bongo en rejetant le recours de M. Ping."J'attends de vous que vous soyez les pèlerins de la protestation populaire et de sa légitime colère", a poursuivi M. Ping dans ce message diffusé au lendemain des fêtes marquant le 57e anniversaire de l'indépendance du Gabon.Une mission d'observation électorale de l'Union européenne (MOE) avait estimé dans ses conclusions en décembre que l'élection présentait des "anomalies" qui "mettent en question l'intégrité du processus de consolidation des résultats et du résultat final de l'élection".La première annonce de la réélection de M. Bongo le 31 août 2016 avait provoqué des violences sans précédent dans ce petit pays pétrolier d'1,8 million d'habitants (manifestations, répression, pillages, incendie de l'Assemblée, assaut des forces de sécurité contre le QG de Jean Ping). Plusieurs personnes ont été tuées dans les troubles.

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